Taux imposition revenus locatifs meublés : connaître taux actuel

8 février 2026

77 700 euros. Ce chiffre ne sort pas d’un tirage au sort : il trace une frontière nette pour les propriétaires qui louent meublé. Dépasser ce seuil, et le régime fiscal bascule, changeant du tout au tout le calcul de l’impôt à payer.

En-dessous de cette barre, un abattement automatique de 50 % s’applique : la moitié de vos loyers s’évapore aux yeux du fisc. Passé ce cap, plus question de simplicité : le régime réel prend le relais, avec sa mécanique de déductions et d’amortissements. Ce choix n’est pas anodin. Il influe directement sur la somme que vous verserez chaque année au Trésor public.

Location meublée : ce qui change vraiment pour votre fiscalité

Louer un appartement ou une maison déjà équipée, ce n’est pas simplement proposer un canapé au locataire. Côté fiscalité, on quitte le territoire des revenus fonciers, celui de la location vide, pour s’aventurer sur le terrain des bénéfices industriels et commerciaux, le fameux BIC. Ce régime, à la fois plus flexible et plus technique, concerne à la fois les particuliers qui louent en tant que LMNP et ceux qui franchissent le seuil du LMP. Conséquence directe : le taux d’imposition des revenus locatifs s’en trouve bouleversé.

Si vos recettes annuelles n’excèdent pas 77 700 euros, le micro-BIC s’applique. Cet abattement de 50 % sur les loyers bruts simplifie la gestion fiscale. Mais le jour où vos revenus dépassent ce plafond, le régime réel devient obligatoire. Plus complexe, il offre aussi des armes puissantes pour alléger la facture. La déclaration des loyers se fait alors dans la catégorie BIC, et non plus dans celle des revenus fonciers. L’impôt est calculé selon le barème progressif, augmenté des prélèvements sociaux de 17,2 %.

Pour mieux comprendre les statuts disponibles, voici un récapitulatif :

  • LMNP : pour ceux dont les revenus locatifs restent sous 23 000 euros ou ne dépassent pas les autres revenus du foyer fiscal.
  • LMP : à partir du moment où ces seuils sont franchis, ce statut s’impose, avec des modalités de déclaration et de taxation propres.

La location nue ne propose ni amortissement du bien, ni déduction étendue des charges. La location meublée, elle, ouvre la porte à l’amortissement du mobilier et de l’immobilier, à la déduction des frais réels sous le régime réel, et même à la création d’un déficit imputable sur les bénéfices futurs.

Le choix entre micro-BIC et réel, loin d’être anecdotique, influe sur la charge fiscale. Ce choix dépend du niveau de recettes, de la nature des charges, de la stratégie patrimoniale et du profil du bailleur. Entre LMNP et LMP, la différence ne se limite pas à l’impôt : elle impacte aussi la gestion au quotidien, la transmission du patrimoine, et la façon dont on traite les déficits.

Micro-BIC ou régime réel : comment fonctionne le calcul de l’impôt ?

Deux options se dessinent pour la fiscalité de la location meublée : micro-BIC ou régime réel. Chaque formule cible un type de bailleur précis, selon le volume des revenus locatifs et la nature des charges supportées.

Le micro-BIC s’applique d’office si vos recettes annuelles restent inférieures à 77 700 euros. L’administration fiscale applique alors un abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers déclarés, ce qui revient à n’imposer que la moitié des revenus. Aucun justificatif de dépense n’est nécessaire, la gestion est épurée. L’impôt se calcule ensuite selon le barème progressif, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 %).

Le régime réel, lui, s’adresse aux bailleurs qui dépassent ce plafond ou souhaitent maximiser la déductibilité de leurs charges. Toutes les dépenses liées à la location sont alors prises en compte : intérêts d’emprunt, assurance, travaux, taxe foncière, frais de gestion… Mais le plus gros atout reste l’amortissement du bien et du mobilier, qui vient réduire chaque année la base imposable de façon significative.

Petit guide pour distinguer les deux systèmes :

  • Micro-BIC : abattement automatique, gestion très simple, parfait pour les petits volumes de loyers.
  • Régime réel : déduction fine des dépenses, amortissement, calcul plus pointu, mais une possibilité d’alléger fortement la note fiscale.

La déclaration s’effectue toujours via la catégorie BIC, à distinguer des revenus fonciers classiques. Ce choix de régime influe non seulement sur l’impôt à verser, mais aussi sur la gestion des déficits, et parfois sur la fiscalité locale (CFE, voire TVA selon l’activité).

Quel régime fiscal choisir selon votre situation et vos objectifs ?

Les bailleurs qui louent meublé oscillent entre deux logiques : la simplicité du micro-BIC et la finesse du régime réel. Tout dépend de votre profil, des charges que vous supportez, et des ambitions que vous nourrissez pour votre patrimoine immobilier.

Le micro-BIC a la faveur de ceux qui cherchent la tranquillité. Un abattement de 50 % appliqué automatiquement, une gestion allégée, pas de collecte de justificatifs… Pour un premier investissement ou des revenus locatifs modestes, cette formule fait gagner un temps précieux.

À l’inverse, le régime réel séduit les bailleurs qui veulent reprendre la main sur chaque euro dépensé. Charges élevées, travaux d’ampleur, volonté de maîtriser finement l’imposition : ici, tout s’additionne pour réduire la base imposable. L’amortissement du bien, les intérêts d’emprunt, la taxe foncière, les frais de gestion, chaque ligne compte. Ceux dont les charges dépassent 50 % des recettes, ou qui gèrent déjà plusieurs biens, y trouvent de vrais avantages.

À qui s’adressent les différents statuts ?

Voici un panorama des statuts à connaître pour choisir en toute connaissance de cause :

  • LMNP (loueur en meublé non professionnel) : le choix majoritaire chez les particuliers, fiscalité souple, pas d’affiliation obligatoire au régime social des indépendants.
  • LMP (loueur en meublé professionnel) : réservé à ceux dont les revenus locatifs dépassent 23 000 € par an et constituent la principale source de revenus du foyer.
  • SCI à l’IR ou à l’IS : une solution à manier avec prudence, car la location meublée en société entraîne des conséquences fiscales spécifiques, notamment en matière de plus-values.

Votre tranche marginale d’imposition (TMI) peut aussi orienter le choix : plus elle grimpe, plus le régime réel devient attractif. L’arbitrage entre la simplicité du micro-BIC et le potentiel d’optimisation du régime réel doit se faire en fonction de vos objectifs patrimoniaux et de votre appétence pour la gestion.

Femme regardant la ville avec dossier location

Réduire la note fiscale : astuces et conseils pour optimiser vos revenus locatifs

Réduire la pression fiscale sur la location meublée, c’est un jeu d’équilibre. Le premier levier à activer reste le régime réel, qui permet de déduire quasiment toutes les charges liées au bien : intérêts d’emprunt, honoraires de gestion, assurance propriétaire non occupant, taxe foncière, travaux d’entretien ou de réparation… Chaque euro dépensé, bien documenté, vient grignoter la base imposable.

L’amortissement constitue un second atout. Il s’applique sur la valeur du bien (hors terrain) et sur le mobilier. Résultat concret : une portion du prix d’achat est chaque année soustraite des revenus imposables. Pour qui investit sur le long terme, ce mécanisme change la donne, notamment en cas de déficit BIC reportable sur les années suivantes.

Réaliser la déclaration des revenus locatifs requiert précision et méthode. Beaucoup de propriétaires font appel à un expert-comptable, pour éviter les faux-pas et affiner leur stratégie. Ce professionnel facilite la gestion des amortissements et connaît les subtilités de la fiscalité meublée.

Attention, certains dispositifs comme la loi Pinel ou la loi Denormandie ne concernent pas la location meublée classique. Ils peuvent toutefois entrer dans la réflexion de ceux qui hésitent entre location nue et meublée. Pour la plupart des bailleurs, le statut LMNP demeure la voie la plus souple pour optimiser l’impôt sans multiplier les contraintes.

Un dernier conseil : gardez un œil sur les prélèvements sociaux à 17,2 %, qui s’ajoutent à l’impôt sur le revenu. Ce facteur pèse lourd dans le calcul du rendement net, tout comme la contribution foncière des entreprises (CFE), parfois négligée par les nouveaux bailleurs.

À la croisée des régimes fiscaux et des stratégies patrimoniales, le choix du statut et du mode d’imposition dessine votre trajectoire de propriétaire. Entre gain immédiat et vision à long terme, la bonne option, c’est celle qui épouse réellement votre projet.

Déficit foncier : comment imputer sur les revenus ?

10 700 euros. Ce n'est pas un code secret mais la limite que la loi oppose

Logement social pour RSA : comment en bénéficier ?

Obtenir un logement social lorsqu'on bénéficie du Revenu de Solidarité Active (RSA) peut s'avérer un véritable

Avantages et inconvénients du bail emphytéotique : analyse complète

Le bail emphytéotique, un contrat de longue durée pouvant atteindre 99 ans, offre la possibilité d'exploiter