Le décret 2015-981 fixe une liste d’équipements pour qu’un logement soit qualifié de meublé. Cette liste a été pensée pour la résidence principale, pas pour un séjour de quelques nuits. Appliquer ce minimum légal à une location saisonnière, c’est risquer des avis médiocres et un taux de remplissage en baisse.
La question se pose alors : quels équipements rajouter au minimum légal pour une location meublée saisonnière, et sur quels postes l’écart entre l’obligatoire et l’attendu par les voyageurs est-il le plus marqué ?
A lire aussi : Faut-il refuser un bail si la taille minimum chambre location n'est pas respectée ?
Écart entre le minimum légal et les attentes voyageurs en location saisonnière
Le décret liste plusieurs postes. Aucun ne mentionne le Wi-Fi, le linge de maison ou les produits d’accueil. Le tableau ci-dessous confronte chaque poste légal à ce que les plateformes de réservation et les voyageurs considèrent comme un standard en courte durée.
| Poste du décret 2015-981 | Minimum légal | Attente courte durée |
|---|---|---|
| Literie | Couette ou couverture | Draps, oreillers, protège-matelas, linge de rechange |
| Occultation des fenêtres | Dispositif dans les chambres | Rideaux occultants ou volets dans toutes les pièces de nuit |
| Plaques de cuisson | Plaques fonctionnelles | Plaques + hotte ou ventilation |
| Four ou micro-ondes | L’un ou l’autre | Les deux, plus une bouilloire et une cafetière |
| Réfrigérateur | Avec compartiment à -6 °C | Réfrigérateur-congélateur de taille adaptée au nombre de couchages |
| Vaisselle | Nécessaire à la prise des repas | Vaisselle complète pour la capacité maximale + verres à vin |
| Ustensiles de cuisine | Ustensiles de base | Poêle, casseroles, planche, couteaux, passoire, ouvre-bouteille |
| Table et sièges | Table + sièges | Table pour la capacité maximale + assise extérieure si balcon/terrasse |
| Rangements | Étagères | Penderie avec cintres, tiroirs, espace valise |
| Luminaires | Éclairage fonctionnel | Lampes de chevet, éclairage d’ambiance, prise USB accessible |
| Matériel d’entretien | Adapté au logement | Aspirateur, serpillière, produits ménagers, poubelles de tri |
La colonne de droite ne relève d’aucune obligation légale. Elle reflète ce qui génère des commentaires positifs sur les plateformes de réservation et ce qui évite les réclamations récurrentes.
A lire en complément : Comment rédiger un préavis de location ?

Équipements absents du décret mais devenus un standard en meublé de tourisme
Certains postes ne figurent nulle part dans le décret, et pourtant leur absence est perçue comme un manque par la majorité des voyageurs en location saisonnière. Le Wi-Fi est le premier critère filtré sur les plateformes de réservation. Ne pas le proposer revient à se rendre invisible dans les résultats de recherche.
Connectivité et divertissement
Une connexion Wi-Fi stable, un code d’accès affiché de façon visible et, idéalement, une Smart TV ou un accès à un service de streaming couvrent les attentes de base. Un haut-parleur Bluetooth reste facultatif mais apprécie la perception du logement.
Linge de maison et produits d’accueil
Le décret exige une couette ou couverture. Il ne mentionne ni draps, ni serviettes, ni torchons. En saisonnier, fournir le linge complet (lit, toilette, cuisine) est un prérequis, pas un bonus. Prévoir un jeu de rechange par lit permet d’enchaîner deux séjours sans dépendre du séchage. Côté accueil, un kit minimal (savon, gel douche, éponge neuve, sac poubelle) évite les premières heures de course au supermarché.
Sécurité au-delà du minimum de décence
Le logement doit répondre aux critères de décence (détecteur de fumée obligatoire). Pour un meublé de tourisme, rajouter un extincteur, une trousse de premiers secours et afficher les numéros d’urgence réduit la responsabilité du propriétaire en cas d’incident. Un détecteur de monoxyde de carbone est recommandé dès qu’un appareil à combustion est présent.
Inventaire détaillé : un outil non obligatoire mais protecteur en location saisonnière
En bail meublé résidence principale, l’inventaire est imposé depuis le décret du 31 juillet 2015. En location saisonnière, aucun texte n’impose formellement l’inventaire. Cette absence de contrainte pousse beaucoup de propriétaires à s’en passer.
Le risque est concret. Sans inventaire signé à l’entrée et à la sortie, toute retenue sur le dépôt de garantie devient difficile à justifier en cas de litige. Un inventaire pièce par pièce, mentionnant l’objet, sa quantité et son état (neuf, bon état, usure visible), constitue la seule preuve exploitable.
- Lister chaque équipement avec sa localisation exacte dans le logement (cuisine, chambre 1, salle de bain)
- Préciser la quantité : quatre assiettes plates, deux casseroles, six cintres
- Noter l’état au moment de la remise des clés : neuf, bon état, rayure existante, tache
- Faire signer le document par le voyageur à l’arrivée, ou intégrer une validation numérique via la plateforme de gestion
Ce document protège aussi le voyageur contre des accusations infondées. Sa mise en place prend du temps au départ, mais son actualisation entre deux séjours reste rapide.

Adapter le niveau d’équipement au classement meublé de tourisme
Le classement en meublé de tourisme (de 1 à 5 étoiles) repose sur une grille de critères qui va bien au-delà du décret 2015-981. Les propriétaires qui visent un classement doivent fournir des équipements supplémentaires selon le niveau visé : fer à repasser, sèche-cheveux, table de repassage, couverture supplémentaire par lit, miroir en pied.
Le classement ouvre droit à un abattement fiscal plus favorable sous le régime micro-BIC. L’investissement dans des équipements supplémentaires a donc un double effet : améliorer l’expérience voyageur et optimiser la fiscalité des revenus locatifs. En revanche, depuis 2025, le régime micro-BIC des meublés de tourisme non classés a vu ses conditions durcies. L’écart fiscal entre classé et non classé s’est creusé, ce qui rend la démarche de classement plus pertinente qu’avant.
Postes à prioriser pour un classement sans surinvestir
- Fer et table de repassage (ou pressing à proximité signalé)
- Couverture supplémentaire et oreiller de rechange par couchage
- Informations touristiques locales mises à disposition (guide papier, carte, brochure)
- Accès extérieur éclairé et signalétique lisible
Ces ajouts ne représentent pas un budget lourd. Leur absence, en revanche, bloque l’accès à des étoiles qui changent la visibilité du bien sur les portails de réservation et le régime fiscal applicable aux revenus de la location.
Le décret 2015-981 pose un socle pensé pour la résidence principale. En location saisonnière, ce socle ne suffit pas à satisfaire les voyageurs ni à protéger le propriétaire. Wi-Fi, linge complet, inventaire signé et équipements de classement forment le vrai minimum opérationnel d’un meublé de tourisme rentable. Chaque poste ajouté répond soit à une attente voyageur documentée, soit à une protection juridique, soit à un avantage fiscal. Aucun de ces trois leviers ne figure dans le décret.

