Depuis le 1er janvier 2026, un changement discret dans le calcul du diagnostic de performance énergétique peut avoir des conséquences bien concrètes pour des centaines de milliers de propriétaires. En abaissant le coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 à 1,9, la réforme permet à environ 850 000 logements de sortir du statut de passoire thermique, sans travaux. Et pour les DPE déjà réalisés, une attestation gratuite rend la mise à jour accessible à tous.
Un calcul revu, des étiquettes qui bougent
Le coefficient de conversion de l’électricité détermine, dans la méthode de calcul du DPE, combien d’énergie primaire est comptabilisée pour chaque kilowattheure consommé. En passant de 2,3 à 1,9, la consommation affichée sur le diagnostic baisse mécaniquement pour tous les logements chauffés à l’électricité : radiateurs, pompe à chaleur, plancher chauffant, chauffe-eau électrique. Pour un bien qui se trouvait à la limite entre deux lettres, cela peut suffire à franchir un seuil, notamment de F à E.
Les petites surfaces bénéficient d’un double avantage : depuis juillet 2024, les seuils de classement ont déjà été ajustés pour tenir compte des consommations incompressibles dans les logements de moins de 40 m². Combiné à la réforme 2026, cet ajustement renforce les chances de reclassement pour les studios tout-électriques. Aucun logement, en revanche, ne peut voir son étiquette se dégrader à cause de cette évolution.
L’attestation ADEME : une démarche gratuite, une valeur officielle
Les DPE réalisés à partir de juillet 2021 peuvent être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite d’un diagnostiqueur, via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. La démarche est simple : il suffit de renseigner le numéro à 13 caractères figurant sur le diagnostic initial. Le système recalcule automatiquement l’étiquette avec les nouveaux paramètres, et l’attestation peut être téléchargée aussitôt.
Ce document possède une valeur légale : il complète le DPE d’origine et peut être présenté lors d’une vente ou d’une mise en location, avec la même durée de validité. Pour un logement précédemment classé F, l’attestation peut suffire à justifier un passage en E, ce qui n’est pas anodin au regard du calendrier réglementaire : les logements F seront interdits à la location à partir du 1er janvier 2028. Les DPE antérieurs à juillet 2021, eux, doivent être entièrement refaits.
Pour les propriétaires qui envisagent des travaux de rénovation ou une vente, cette étape peut en appeler une autre : la réalisation d’un audit énergétique, étude approfondie qui analyse les sources de déperdition et propose un plan de travaux chiffré. Obligatoire depuis avril 2023 pour la vente de maisons individuelles classées F ou G, il l’est également pour les logements classés E en monopropriété depuis janvier 2025.
Ce que ça change pour les propriétaires bailleurs et vendeurs
Le calendrier des interdictions de location est désormais bien engagé. Les logements classés G sont déjà exclus des nouveaux baux et renouvellements depuis le 1er janvier 2025. Les F suivront en 2028, les E en 2034. Dans ce contexte, tout reclassement obtenu via l’attestation ADEME représente un gain de temps réel pour les bailleurs, sans mobiliser de budget travaux.
Pour ceux qui restent en dessous du seuil malgré la réforme, les aides à la rénovation restent disponibles. L’audit énergétique est d’ailleurs exigé pour bénéficier de MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur, avec un coût qui peut être subventionné jusqu’à 70 % selon les cas. Son coût brut varie entre 500 et 1 500 euros selon la surface du logement.
La réforme du DPE 2026 ne résout pas tout, mais elle offre une fenêtre concrète à saisir. Vérifier l’éligibilité de son diagnostic, télécharger l’attestation ADEME si le logement est concerné, puis évaluer si des travaux restent nécessaires : voilà une démarche en trois temps, accessible à tout propriétaire. Pour approfondir les questions d’immobilier et de performance énergétique, le site Immofactory.net propose régulièrement des ressources à jour sur ces sujets.

