Le nombre de passoires thermiques en France est passé de 5,2 millions en 2022 à 3,9 millions en 2025 : la dynamique est là, mais il reste encore beaucoup à faire. Pour les propriétaires qui souhaitent rénover, la question du financement est souvent le premier frein. L’éco-prêt à taux zéro s’impose aujourd’hui comme l’un des outils les plus accessibles pour passer à l’action, sans condition de ressources et sans intérêts à rembourser.
L’éco-PTZ en 2025-2026 : un dispositif renforcé
Depuis le 1er juillet 2025, l’éco-PTZ a évolué en profondeur. Le plafond pour une rénovation globale atteint désormais 50 000 €, contre 30 000 € auparavant. Ce montant s’applique aux projets ambitieux combinant plusieurs postes de travaux, à condition de démontrer un gain d’au moins deux classes sur l’étiquette DPE, attesté par un audit énergétique. Pour des actions plus ciblées, les plafonds restent inchangés : 15 000 € pour une action simple, 25 000 € pour un bouquet de deux actions, 30 000 € pour trois actions ou plus.
À noter : la demande de prêt doit impérativement être déposée avant la signature du devis, sous peine de perdre le bénéfice du dispositif. Autre changement notable depuis juillet 2025 : l’éco-PTZ ne peut plus financer l’installation d’une chaudière à énergie fossile.
Le dispositif est prolongé jusqu’en décembre 2027, ce qui laisse le temps d’organiser un projet sérieux. Les travaux doivent être réalisés par une entreprise labellisée RGE (Reconnue Garante de l’Environnement) : c’est une condition non négociable pour obtenir le prêt.
Quels travaux financer, et comment les combiner avec d’autres aides ?
Les postes éligibles couvrent un large spectre : isolation des combles, des planchers bas ou des plafonds de cave, remplacement des menuiseries, installation d’une pompe à chaleur air/eau ou d’une chaudière à granulés, rénovation globale avec gain énergétique d’au moins 35 %. L’éco-PTZ peut se cumuler avec MaPrimeRénov’, les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et les aides locales des collectivités. Pour les ménages modestes, le taux d’écrêtement, qui plafonne le total des aides perçues, est fixé à 90 % en 2025.
Si un premier éco-PTZ ne suffit pas à couvrir l’ensemble du projet, il est possible de demander un prêt complémentaire dans un délai de cinq ans, dans la limite des plafonds cumulés autorisés. La Banque européenne d’investissement renforce par ailleurs son soutien à la rénovation thermique avec 2 milliards d’euros prévus sur la période 2025-2027.
Un levier pour la valeur de votre patrimoine
Au-delà des économies sur les factures, rénover son logement répond à une logique patrimoniale de plus en plus concrète. Sous l’effet de la Loi Climat et Résilience, les biens économes en énergie gagnent en attractivité, tandis que les passoires thermiques se retrouvent pénalisées à la location et à la revue. En 2024, 91 374 rénovations d’ampleur ont été financées en France, soit +27 % sur un an. La tendance est portée par des aides publiques accessibles, et l’éco-PTZ en est l’un des piliers les plus stables. Pour comparer les options de financement disponibles selon votre situation, l’investissement immobilier mérite d’être abordé dans sa globalité, rénovation incluse.
Pour tout propriétaire, bailleur ou futur acquéreur, anticiper les travaux énergétiques n’est plus une option : c’est une composante à part entière de la gestion d’un bien.

